«L'heure des femmes est venue», prévient la révérende Agnes Sigurdardottir. A 58 ans, elle devrait être, aujourd'hui, la première évêque élue en Islande. En 1981, elle figurait déjà parmi les pionnières de l'Eglise locale : elle fut la troisième pasteure ordonnée. Depuis, l'Eglise d'Islande compte 70 femmes sur 160 révérends. Des femmes qui disent des Notre Père, mais aussi des «Notre Mère», car «il n'y a pas de raison que Dieu soit de sexe masculin». La probable nouvelle évêque enfonce le clou : «En raison de tout ce qui s'est passé depuis plusieurs années dans notre société tenue par les hommes, les gens attendent quelque chose de neuf. La reconstruction du pays passe désormais par les femmes.»
Du haut de son mètre quatre-vingt, Agnes Sigurdardottir, née et toujours installée dans les fjords de l'Ouest, l'une des régions les plus pauvres d'Islande, ne manque pas d'humour. «Pendant ma campagne, on m'a surtout reproché d'être mal coiffée. Preuve que les femmes sont toujours en priorité jugées sur leur apparence physique. Personnellement, je me moque des peignes.» Divorcée depuis seize ans, mère de trois enfants aujourd'hui adultes et grand-mère depuis peu, Agnes poursuit de sa voix posée : «La génération d'enfants qui grandit aujourd'hui en Islande va savoir qu'une femme peut être évêque ou présidente de la République, que les deux sexes sont capables de tenir ces rôles-là.»
La première à faire campagne enceinte
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