Michel Martelly reçoit dans un petit bureau, dans les appartements provisoires qui lui servent de résidence, derrière un palais présidentiel toujours à moitié détruit.
Quel bilan tirez-vous après un an au pouvoir ?
J’ai mis l’accent sur l’éducation pour que les enfants puissent reprendre une vie normale après le tremblement de terre. Actuellement, plus d’un million d’enfants vont à l’école gratuitement, du jamais-vu en Haïti. Néanmoins, je sais qu’il y a des critiques. Certains professeurs n’ont pas été payés, certaines écoles n’ont pas assez de moyens, mais la procédure est lente. […] Nous avons aussi fait beaucoup d’efforts pour déplacer les réfugiés qui étaient dans les camps. Nous essayons de faire en sorte qu’Haïti se mette à revivre. Nous relançons l’activité économique. Nous reconstruisons également certaines cliniques et centres de santé.
Il existe néanmoins des inquiétudes quant à vos difficultés à gouverner ?
Cela restera difficile si les Haïtiens ne comprennent pas la nécessité de s’unir, de se mettre ensemble, pour penser à leur pays et à une vision de la société. Si certains secteurs, en politique ou dans les affaires, continuent à se tirailler pour défendre leurs propres intérêts, cela restera compliqué. C’est cela qui rend la situation délicate. Evidemment, on va rencontrer des obstacles, mais il faut se rassembler et faire ce qu’il y a à faire. Personnellement, je prône la réconciliation.
Vous avez loué le changement lors de votre campagne, et notamment le renouvellement de la classe politique. Mais vous êtes aussi sous le coup d’accusations de corruption…
C'est avant tout une façon de ternir l'image du président Martelly. On m'accuse d'avoir perçu 2,5 millions de dollars [1,95 million d'euros, ndlr] à l'époque de ma campagne venant de Rép




