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Analyse

Nikolic, l’élu des «perdants» serbes

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En pleine crise sociale et identitaire, la population a choisi l’ex-ultranationaliste pour président.

Publié le 21/05/2012 à 21h26

La troisième fois a donc été la bonne. Battu en 2004, puis en 2008, l'ancien ultranationaliste Tomislav Nikolic, 60 ans, l'a finalement emporté dimanche au second tour contre Boris Tadic, le président sortant démocrate et pro-européen, pourtant donné largement gagnant par les sondages. Ecœurés par la corruption, angoissés par un chômage à 25% et la crise économique, las des lenteurs de leur route vers l'Union européenne, les Serbes ont ainsi exprimé leur colère par un vote protestataire. «Il y a un populisme des nantis comme aux Pays-Bas, en Suisse, en Autriche, en Italie du Nord. Mais en Serbie, comme ailleurs à l'Est, il s'agit du vote des perdants de la transition vers l'économie de marché, de ceux qui se sentent largués, analyse Jacques Rupnik, directeur de recherches au Ceri-Sciences-Po (1). Ils se sentent aussi les perdants de la transition entre la Yougoslavie et la Serbie et d'une question nationale ouverte avec le Kosovo.» L'indépendance en 2008 de cette ex-province du sud de la Serbie peuplée d'Albanais n'a toujours pas été reconnue par Belgrade.

«Fossoyeur». A peine élu, le nouveau président s'est voulu rassurant : «La Serbie maintiendra sa voie européenne. Ce scrutin n'était pas sur l'Europe, mais sur ce qui résoudra les problèmes économiques du pays.» Longtemps fanatique de la Grande Serbie et bras droit du leader du SRS (parti radical serbe) et chef de milice ultranationaliste, Vojislav Seselj (jugé à La Haye pour «crimes d

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