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Interview

Sophie Pommier : «Les militaires ne veulent pas d’un pouvoir fort»

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Pour Sophie Pommier, spécialiste de l’Egypte, les acquis de la révolution sont remis en cause.

(Photo DR)
Publié le 22/05/2012 à 20h56

Spécialiste de l’Egypte, Sophie Pommier enseigne à Sciences-Po Paris et dirige le cabinet de conseil sur le monde arabe Méroé.

Où en est la transition démocratique ?

Au point mort. La situation est chaotique et il est difficile d’y voir clair. Il y a des raisons objectives de s’inquiéter car les rares avancées de cette année sont en train d’être remises en cause. Le Comité constituant a été dissous en avril, une menace de dissolution pèse sur le Parlement, pourtant élu démocratiquement il y a quelques mois. Or le pluralisme politique et des élections «propres» sont la principale réussite concrète de cette année de transition, avec la libération de la parole. Pour le reste, l’armée, les cadres de l’ancien régime sont toujours en position dominante et rien n’a vraiment changé. On peut d’ailleurs s’inquiéter du fait que la Haute Commission électorale, chargée de superviser le scrutin, soit composée pour une part de juges nommés par Hosni Moubarak. D’autant plus que les décisions de cette commission sont légalement incontestables.

Comment expliquez-vous ce blocage ?

J’ai le sentiment que tout cela résulte du rapport de force aujourd’hui exacerbé entre les Frères musulmans et l’armée, qui assure la transition depuis la chute de Hosni Moubarak. Ces deux blocs peinent à trouver un terrain d’entente. Les militaires ont cherché - sans succès - à limiter la percée des islamistes car ils ne veulent pas d’un pouvoir politique suffisamment fort pour leur imp

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