Totalement opposées, les deux thèses se défendent. Dans l’une, l’Europe se remet à flot car la nécessité de relancer ses économies n’est plus discutée et que l’essentiel est donc fait. Dans l’autre, l’Europe coule puisque ses divergences sur les moyens de retrouver de la croissance demeurent profondes et que la voie d’eau grecque, surtout, ne cesse plus de s’élargir.
La première raison d'être confiant est la rapidité avec laquelle l'Union européenne a retrouvé le cap. En janvier encore, l'idée reçue était que le seul remède à son endettement était de couper dans ses dépenses publiques, de réduire ses protections sociales et de serrer la ceinture à ses salariés. «Le poumon, vous dis-je», martelaient ces prescripteurs de saignées mais il a suffi que François Hollande ait le courage de dire qu'il ne signerait pas le pacte budgétaire européen en l'état pour que la donne en soit modifiée.
Tous ceux qui le savaient mais n’osaient pas le dire ont alors fini par admettre que la réduction des dépenses publiques ne mènerait qu’à un alourdissement des dettes souveraines si elle n’était pas accompagnée de mesures de relance. Cette évidence s’est d’autant plus vite imposée que les milieux financiers la partageaient, que l’élection du nouveau président français a modifié les rapports de force au sein de l’Union et que les Etats-Unis, président en tête, se sont rangés aux côtés d’un socialiste français contre une conservatrice allemande parce qu’ils craignent que l’Europe ne les rep




