Ce n’est pas le seul scénario, mais la catastrophe est parfaitement plausible. Pour que la zone euro se défasse et emporte l’Union européenne dans sa tourmente, il suffirait que la crise espagnole s’accélère avant le 17 juin, jour où les Grecs et les Français voteront. Dans une tempête qui menacerait vite de s’étendre à l’Italie, les dirigeants européens se retrouveraient au pied du mur alors même que François Hollande ne disposerait pas encore d’une majorité parlementaire et que la Grèce serait toujours en quête d’un gouvernement à même de négocier un nouvel accord avec ses créanciers. Dans cette hypothèse, l’unité européenne serait mise à rude épreuve mais le scénario inverse, le redémarrage d’une Union remusclée, est tout aussi plausible pour quatre raisons.
De loin la plus décisive, la première est que les termes du compromis à venir entre la France et l’Allemagne, entre l’indispensable rétablissement des comptes publics et la nécessité d’une relance, sont largement esquissés.
Ce n’est pas seulement que Paris et Berlin soient d’ores et déjà d’accord pour augmenter le capital de la Banque européenne d’investissements et lancer des emprunts européens destinés à financer des investissements d’avenir. C’est aussi qu’on perçoit déjà les moyens de faire contribuer la Banque centrale européenne à une relance de la croissance et de donner la garantie de l’Europe aux emprunts nationaux de ses Etats sans avoir à franchir les lignes rouges de l’Allemagne - la modification du statut d




