Politologue au CNRS et au Centre d’études et de recherches internationales de Sciences-Po, Marie Mendras (1) explique pourquoi la Russie s’entête à défendre le régime de Damas.
François Hollande peut-il convaincre Vladimir Poutine de changer de position sur la Syrie?
Je crains que le nouveau président français ne puisse faire bouger la position de Vladimir Poutine. Ce dernier ne vient pas à Paris pour qu’on lui donne des leçons. Il vient pour assurer la continuité d’une relation politique et commerciale avec la France, qui lui convient dans l’ensemble assez bien. Les conseillers de Poutine semblent penser que François Hollande est aussi désireux d’affirmer une relation forte avec Moscou que son prédécesseur. J’espère que François Hollande se rend compte qu’il ne pourra pas séduire son homologue russe et que le seul argument qu’il puisse faire valoir est que le régime de Bachar al-Assad n’a aucun avenir, que nous en sommes convaincus en France et en Europe, et que nous ne lâcherons pas.
Quel est l’intérêt de la Russie à soutenir le président al-Assad ?
La position défendue par Poutine est fondée sur quelques assertions fortes qu’il refuse de discuter. Premièrement, il affirme qu’al-Assad n’est pas le seul responsable des violences. Deuxièmement, que les rebelles sont d’abord des terroristes. Enfin, son point de vue est que l’histoire de ces dix-huit derniers mois a montré que la chute de régimes laïcs bien installés avait conduit à une montée de l’islamisme et de l’instabilité au Moyen-Orient. Pour lui, ces régimes autoritaires étaient donc un rempart contre l’islamisme. Ce qui permet à Vladimir Poutine de rechercher une nouvelle «j




