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Interview

«Le mythe de la transition démocratique a été démasqué»

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John Ackerman, docteur en sociologie politique, analyse les revendications des étudiants mexicains :

ParEmmanuelle Steels
(à Mexico)
Publié le 03/06/2012 à 20h16

John Ackerman est docteur en sociologie politique, chercheur en droit à l’université nationale autonome de Mexico et analyste politique. Il explique les failles du système politique mexicain, à l’origine de la contestation étudiante.

Que vous inspire la révolte des jeunes en pleine campagne électorale pour la présidentielle ?

Il y a un grand mécontentement social chez les jeunes depuis quelque temps. L’explosion était inévitable. C’est positif, cela montre justement que la jeunesse est consciente qu’il n’y a pas de démocratie pleine dans notre pays, que ce n’est pas la population qui désigne le prochain président, mais des pouvoirs économiques et politiques. Il y a toujours eu des élections au Mexique, ce n’est pas nouveau. Mais la seule célébration des jours de scrutins n’implique pas qu’il y a une démocratie. Et je ne parle pas de démocratie avancée ou participative, mais de la base : la démocratie électorale, un système qui permettrait aux Mexicains de choisir librement et de manière informée leur prochain gouvernant.

Aujourd’hui, 73% des Mexicains ne sont pas satisfaits du fonctionnement de la démocratie, c’est le taux le plus élevé de toute l’Amérique latine. C’est la preuve d’une culture politique critique : la société mexicaine exige davantage, elle n’a pas confiance en ses autorités et elle n’accepte pas la simulation.

Les jeunes semblent surtout vouloir dénoncer la collusion entre les médias et le PRI (Parti révolutionnaire institutionnel)…

Les étudiants démasquent tout un système, notamment le mythe de la prétendue transition démocratique. Les jeunes sont les premières victimes de la crise économique et de la guerre contre les cartels de la drogue. Mais pour le moment, les étudiants

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