Ils avaient promis de venir en «habits d’église» et l’ont fait : chemises blanches et cravates pour les hommes, robes longues pour les femmes… Le tout au milieu des gays et lesbiennes, en bikinis, colliers ou vêtements arc-en-ciel. Pour la première fois, comme si l’eau et le feu s’étaient donné rendez-vous, une centaine de mormons ont défilé dimanche dans les rangs de la Gay Pride de Salt Lake City, la capitale de l’Utah, fief de l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours et Etat parmi les plus conservateurs aux Etats-Unis.
«Je ne suis pas gay moi-même, précise d'entrée Reed Grew, déjà père de trois bambins à 26 ans. Mais je veux montrer qu'on peut accepter nos frères et sœurs homosexuels.» «Dieu aime tous ses enfants», proclame sa pancarte. Erika Munson, l'initiatrice de cette délégation mormone chez les gays, rappelle qu'il y va même souvent de vie ou de mort : «Ces derniers mois dans l'Utah, nous en sommes à un suicide d'adolescent par semaine, parmi lesquels de nombreux mormons qui découvrent leur homosexualité et ne trouvent pas leur place dans l'Eglise. Ils se sentent si différents qu'ils ne pensent plus que Dieu les aime. Pour cela, nous devons dire que nous les aimons.»
«Bonne figure». Jusque dans l'Utah et chez les mormons, l'acceptation de l'homosexualité semble progresser à grande vitesse ces derniers temps aux Etats-Unis. Début mai, Barack Obama s'est déclaré «personnellement» favorable au ma




