La détresse d'une famille peut tenir sur une petite feuille de papier blanc, une note collée dans l'entrée d'un immeuble gris, au cœur de Soho, le quartier chic du sud de Manhattan : «A tous les membres des médias qui traînent par ici, vous rendez encore plus difficile une situation déjà compliquée. Parlez à vos rédacteurs en chef. Il est grand temps que vous me laissiez tranquille, ainsi que ma famille et mes voisins.» Le mot, daté du 28 mai, est signé Stan Patz. En face, postés sur le trottoir, des photographes attendent on ne sait quoi. «Vous vous rendez compte de l'enfer que traversent ces gens-là, dit un homme qui passe avec son fils sur les épaules. Tout ce temps à ne pas savoir ce qui est arrivé à leur enfant et maintenant, c'est tout qui recommence.»
C’est ici, au 113 Prince Street, que le 25 mai 1979 Etan Patz, un garçon de 6 ans au sourire d’ange, a disparu. Coiffé de sa casquette de pilote d’Eastern Airlines, il avait convaincu ses parents, Stan et Julie Patz, de marcher seul pour la première fois jusqu’à l’arrêt de bus qui devait l’emmener à l’école, à peine 100 mètres plus à l’ouest, sur West Broadway. Mais Etan n’est pas monté dans le bus et n’a jamais été retrouvé.
Troubles bipolaires
L’affaire avait traumatisé l’Amérique et, trente-trois ans plus tard, elle fascine de nouveau tout le pays. En avril, après que le procureur de Manhattan, Cyrus Vance Jr, a décidé de réactiver l’enquête en 2011, les fins limiers du FBI et de la police de New York (NYPD) ont




