L'élection d'un nouveau président en Egypte devait marquer le retour des militaires dans les casernes après un an et demi d'une transition politique brutale menée par le Conseil suprême des forces armées (CSFA). Cet espoir semble aujourd'hui douché tant les militaires donnent l'impression de ne pas vouloir lâcher les rênes. On peut analyser cette obstination comme une volonté de faire barrage à un Etat islamiste qu'incarnerait le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi. Zeinab Abul Magd n'y croit pas. «L'armée ne poursuit qu'un seul but : défendre ses intérêts économiques», explique cette chercheuse en économie politique. Le business de l'armée est un des secrets les mieux gardés d'Egypte. A la tête d'un gigantesque magot, les militaires jouent un rôle central dans l'économie. A partir des années 60, dans un contexte de guerre avec Israël, elle contrôle un complexe militaro-industriel touchant à tous les secteurs. Après les accords de paix de Camp David, celui-ci s'est progressivement diversifié et étendu.
Yachts. A travers plusieurs holdings - l'Organisation arabe pour l'industrialisation (OAI) et l'Organisation des projets du service national (OPSN) notamment -, l'armée commercialise toutes sortes de biens et de services sans lien avec une industrie de défense : stations-service, produits gaziers, électroménager, pesticides, entreprises de nettoyage, vêtements, production de volailles ou de l'eau minérale comme Safi, une des marques les plus




