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Portrait

De «Morsi le réac» à héritier de la révolution

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Conservateur, homme de l’ombre… L’accession à la présidence de ce candidat de rechange est déroutante.

Mohammed Morsi lors des prières du vendredi, le 15 juin 2012 au Caire. (Photo Ahmed Jadallah. Reuters)
Publié le 24/06/2012 à 21h56

Son histoire ressemble à la revanche de l’éternel second soudainement propulsé sur le devant de la scène. Depuis hier, Mohammed Morsi Isa el-Ayyat est officiellement le cinquième président de la République arabe d’Egypte. Cet ingénieur et professeur d’université, âgé de 61 ans, succède à Hosni Moubarak et devient le premier civil chef d’Etat d’un pays jusque-là toujours dirigé par des militaires.

Hasard. Comment ce petit Frère musulman dans le rang, grandi dans l'ombre des caciques de la confrérie, a-t-il pu devenir le père de la plus grande nation arabe ? Comment celui qui n'a pas senti la révolution s'en retrouve-t-il l'héritier et l'exécuteur testamentaire ? C'est presque par hasard que Morsi est assis dans le fauteuil présidentiel. Les Frères musulmans, auxquels il appartient depuis la fin des années 70, avaient juré après leur victoire aux législatives qu'ils ne brigueraient pas la présidence. Mais, sentant venir la candidature d'Omar Suleiman, ancien chef du renseignement de Hosni Moubarak, les Frères ont fait machine arrière et lancé dans la course leur homme fort, Khairat el-Chater, financier et idéologue de la confrérie. Sauf que ce dernier a vite été mis hors-jeu, et c'est en catastrophe que son poulain, le président du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), Mohammed Morsi, a été investi par la confrérie.

Donné perdant par tous les sondages, moqué pour son manque de charisme, surnommé «le mauvais choix» ou «la roue de secours»

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