Les Islandais ont réélu ce week-end Olafur Ragnar Grimsson, 70 ans, président de la République avec 52,7% des voix. Il occupe cette fonction depuis 1996 et entame donc un cinquième mandat. Un record, mais la Constitution ne prévoyant pas de limite, Grimsson n’est pas tenté par la retraite (fixée à 67 ans en Islande). C’est également la première fois que ce scrutin est aussi disputé. En 2000 et 2008, Grimsson avait été reconduit d’office, aucun autre candidat ne s’étant manifesté. Cette fois, c’était tout l’inverse : cinq adversaires étaient venus le défier.
Pourquoi Grimsson l’a finalement emporté ?
On le dit rusé, habile. Depuis l’effondrement économique de l’île en octobre 2008, l’ancienne classe politique a été balayée. Grimsson est le seul à avoir surnagé, sauvé par son fauteuil de président. Dans cette démocratie parlementaire, le pouvoir exécutif est entre les mains du Premier ministre. Depuis janvier 2009, il s’agit d’une femme de gauche, Johanna Sigurdardottir. La politique d’austérité qu’elle conduit depuis trois ans l’a rendue très impopulaire. Et Olafur Ragnar Grimsson a su lui mettre des bâtons dans les roues. L’Islande renoue avec la croissance (+ 3% en moyenne depuis janvier), mais la population est exsangue et très endettée. Tout en félicitant Grimsson dimanche soir, la Première ministre a interprété le scrutin comme une sanction contre son action à elle. Comme s’il y avait eu confusion dans l’esprit des électeurs. De fait, un dossier explosif l




