Alpha Condé est le premier président africain reçu cette semaine par François Hollande. Avant le Gabonais Ali Bongo et le Sénégalais Macky Sall. Premier Président guinéen élu démocratiquement en 2010 après avoir été longtemps en exil en France, il souhaite une intervention militaire au Mali et espère que les relations franco-africaines vont passer «de l’aide au partenariat».
On dit souvent que le président Hollande connaît mal l’Afrique. Ça vous inquiète ?
C’est faux. Moi-même je connais Hollande, un homme très jovial, depuis longtemps à travers l’Internationale socialiste. Ces réseaux peuvent l’aider à changer les relations franco-africaines. Quand je l’ai vu, je l’ai d’ailleurs félicité pour avoir fait disparaître le ministère de la Coopération. Au sommet de Rio, il avait souligné la nécessité de laisser les Africains régler eux-mêmes leurs problèmes.
C’est peut-être une façon de s’éloigner de l’Afrique ?
L’Afrique est une chance pour la France. Nous avons des ressources, des matières premières, nous pouvons servir de tremplin pour les entreprises françaises. De toute façon, l’Afrique sera toujours plus proche de la France que l’Asie.
Mais l’Afrique connaît aussi des crises inquiétantes. Que faut-il faire au Mali ?
Il faut intervenir ! En ce moment, l’ONU prépare une résolution qui pourrait donner le feu vert pour l’envoi d’une force au Nord-Mali. Mais il faut d’abord mettre en place un vrai gouvernement d’union nationale au Sud, à Bamako, avant d’entamer la libération du Nord aux mains des islamistes. Ensuite, il faudra éradiquer le terrorisme du Sahara, ce sera beaucoup plus compliqué.
Les destructions de lieux saints de Tombouctou ontelles amplifié le sentiment d’urgence ?
Tombouctou fait la fierté de toute l’Afrique, les terroristes sont en train de détruire notre




