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Un guide anti-Führer dans les hôtels allemands

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Publié le 06/07/2012 à 22h06

Detlev Kampschulte maudit encore ce jour de janvier… La journée avait pourtant bien commencé pour le patron de l’hôtel Seegarten de Grünheide. En cette période de calme plat pour l’hôtellerie du Brandebourg, le Land qui entoure Berlin, un groupe de 120 représentants d’une société de commerce de vins avait réservé pour la soirée. L’hôtel devait même être complet pour la nuit. L’hôtelier déchante vite : le groupe débarque accompagné de six fourgons de police. Sans le savoir, Detlev Kampschulte avait accepté d’héberger tout le gratin du NPD (parti d’extrême droite) de Saxe et du Mecklembourg-Poméranie. La soirée s’est déroulée sans incidents notoires. Mais boycotté depuis par sa clientèle habituelle, Kampschulte craint de devoir mettre la clé sous la porte d’ici à la fin de l’année.

Pour éviter à d'autres une telle mésaventure, la Fédération des hôteliers et restaurateurs du Brandebourg, la Dehoga, vient de mettre à disposition du secteur une brochure de 20 pages intitulée «Ne pas tomber dans le panneau de l'extrême droite. Ils disaient vouloir fêter un anniversaire». En mars, la Cour fédérale de justice avait rendu un arrêt très important pour la profession, autorisant restaurateurs et hôteliers à refuser gîte et couvert aux néonazis. Mais ceux-ci sont toujours tenus d'honorer les réservations accordées. Ils peuvent tout juste faire évacuer leur établissement en cas de trouble à l'ordre public. Très nombreux en ex-RDA, les néonazis sont devenus plus policés : adeptes du costume

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