Difficiles tout au long de la présidence de Nicolas Sarkozy ouvertement hostile à l’intégration de la Turquie dans l’Union européenne, les relations entre Paris et Ankara redémarrent, comme en a témoigné la visite à Paris jeudi et vendredi du ministre des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, universitaire et grand maître d’œuvre de la diplomatie turque.
La crise ouverte cet automne par le projet de loi pénalisant la négation du génocide des Arméniens est-elle finie ?
Le Conseil constitutionnel français a clos l'affaire en rejetant le texte et en garantissant la libre discussion sur l'histoire. La Turquie est prête à affronter tous les aspects de son passé. Il y a trois attitudes possibles pour Paris. L'une est de contribuer activement à la réconciliation turco-arménienne notamment par un rôle plus actif, en tant que coprésident du groupe Minsk, pour une solution au conflit du Haut-Karabagh. Une autre option serait de laisser travailler les historiens et ouvrir les archives, comme nous le faisons et nous avons appelé à la création d'une commission mixte d'historiens. Mais vouloir écrire l'histoire au Parlement en accusant la Turquie de génocide est inacceptable. Cela ne peut que nuire à la relation franco-turque et plus encore à celle entre la Turquie et l'Arménie. Pour le 50e anniversaire de l'indépendance algérienne, le président François Hollande a écrit un bel article évoquant le nécessaire travail commun entre les deux pays sur la mémoire. C'est exactement ce que nous voulons avec l'Arménie et cela fait partie des protocoles signés avec Erevan. Il est temps de remplacer la




