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Analyse

Le coup d’éclat du président Morsi contre l’armée

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En annulant la dissolution du Parlement, le chef de l’Etat égyptien défie ouvertement les militaires et redonne la majorité aux islamistes.

Publié le 09/07/2012 à 22h29

On le disait roi nu, président fantoche, pantin à la solde des militaires. Mohamed Morsi vient de signifier qu’en tant que nouveau président - le premier civil et le premier élu démocratiquement dans l’histoire du pays - il compte bien être le vrai chef de l’Etat. Alors que les choses semblaient apaisées et que l’on attendait de façon imminente l’annonce d’un gouvernement, c’est une tout autre décision qu’il a prise dimanche en fin de journée, à la surprise générale. Par décret, le nouveau président égyptien a rétabli la chambre basse du Parlement dissoute le 14 juin après avis de la Haute Cour constitutionnelle (HCC). Les pouvoirs législatifs étaient dès lors provisoirement entre les mains du Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui avait auparavant assuré la transition politique entre la chute d’Hosni Moubarak en février 2011 et l’élection de Mohamed Morsi le mois dernier. Le Président, membre de la confrérie des Frères musulmans, a donc redonné dimanche ses pouvoirs à l’Assemblée - très majoritairement islamiste - élue cet hiver.

Les ex-députés devraient se réunir aujourd’hui. Dès hier, certains sont entrés librement dans le bâtiment du Majlis el-Chaab. Pour autant, Mohamed Morsi ne s’oppose plus au principe de nouvelles élections législatives. Selon le porte-parole du Président, elles devraient se tenir dans les soixante jours suivant la promulgation de la nouvelle Constitution dont l’élaboration est en cours et fait l’objet d’âpres débats, notamment autour de la que

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