D'un côté une Angela Merkel pleinement convertie à l'Europe et prête pour le saut fédéral. De l'autre une Cour constitutionnelle, basée à Karlsruhe, qui freine des quatre fers. «Comment poursuivre une politique raisonnable s'il me faut dévoiler ma stratégie de négociation avant chaque rencontre avec un leader européen ? Là, j'arrive à mes limites…» aurait lancé Angela Merkel.
Des propos qui en disent long sur l’incompréhension qui plombe depuis des mois les relations entre la chancelière et cette institution. Présidée par un juge réputé eurosceptique, la Cour a sanctionné au cours des derniers mois les décisions communes de sauvetage de l’euro de plusieurs cartons jaunes, exigeant notamment une implication plus grande du législateur.
Hier, elle a commencé à examiner une série de plaintes contre la ratification du Fonds de secours européen (MES) et du pacte budgétaire, menacés d’un carton rouge, au motif que leur fonctionnement irait à l’encontre des prérogatives des députés définies par la Loi fondamentale. Les deux textes votés, fin juin par le Parlement allemand, n’attendent plus que la signature du président de la République pour être ratifiés. Mais Joachim Gauck est tenu d’attendre le verdict de Karlsruhe avant de parapher ces deux piliers de la politique européenne de crise d’Angela Merkel.
Les huit juges de Karlsruhe devront se prononcer d'ici à la fin du mois sur un total de six plaintes, déposées par les néocommunistes de Die Linke, un député eurosceptique de l




