C’est le coup le plus terrible porté par l’insurrection syrienne en seize mois de conflit. C’est aussi le plus audacieux, le mieux préparé, le plus inattendu puisqu’il frappe en plein cœur un pouvoir qui s’est construit, avec sa dizaine de services secrets, sur une obsession : la sécurité à n’importe quel prix. L’attentat visait une réunion de plusieurs hauts responsables de ce même système sécuritaire dans le bâtiment ultraprotégé de la Sécurité nationale, dans le quartier de Rawda, au centre de Damas. Si la mort de Daoud Rajha, le ministre de la Défense, simple figurant nommé à ce poste pour s’assurer de la fidélité de la communauté chrétienne, est sans grande conséquence, il en va tout autrement de celle du général Assef Chawkat. Le vice-ministre de la Défense et beau-frère du président syrien avait longtemps dirigé l’appareil sécuritaire et repris du service il y a plusieurs mois après une période de disgrâce passée en Jordanie.
Kamikaze. L'attentat a également mortellement blessé le général Hassan Turkméni et blessé le ministre de l'Intérieur, Mohammed Ibrahim al-Chaar, le chef de la Sécurité nationale et l'un des personnages-clés de la répression, Hicham Ikhtiar, ainsi qu'un nombre non précisé de hauts responsables du régime. L'Armée syrienne libre (ASL) et un groupe islamiste, Liwa al-Islam (les Brigades de l'islam) ont revendiqué l'attentat qui survient alors que les combats entre la guérilla et l'armée continuent à Damas, pour la quatrième journée co




