«Peu importent les moyens, il faut le virer!» crie Stela, retraitée dynamique pour clore la discussion entre amis. Certains essaient de lui expliquer que la façon dont le président Traian Basescu a été destitué par le Parlement est contestable, elle ne veut entendre aucun argument. «Je le déteste ! insiste-t-elle. Il a fait tellement de mal à ce pays, il a coupé les salaires, mis un impôt illégal sur nos retraites, il s'est entouré de gens corrompus.» Comme Stela, des millions de Roumains voient en Traian Basescu l'homme politique à abattre, le premier responsable de la crise économique et sociale que traverse le pays.
En 2010, alors que la Roumanie avait besoin d'un prêt d'urgence pour renflouer les finances publiques, ce fut le Président (et non le Premier ministre) qui annonça un plan d'austérité draconien : une baisse des salaires dans la fonction publique de 25% et une hausse de la TVA de 5%. Depuis, sa popularité s'est effondrée. Fin avril, Basescu a été contraint de nommer son principal opposant comme Premier ministre. A la tête d'une coalition entre socialistes (ex-communistes) et libéraux (USL), Victor Ponta a jugé la cohabitation impossible avec ce chef de l'Etat «conflictuel». Le Parlement suspendra Basescu lors d'une procédure décriée et ultrarapide. Et un référendum de destitution se tient dimanche.
«Saturation». Conflictuel, le Président l'est, sans doute. Il attaque parfois sans véritable raison, comme il l'a




