Personne ne pourra dire qu’il ne savait pas. Le régime syrien annonce tous les jours la «mère de toutes les batailles» à Alep ; et après la boucherie de Homs, les massacres de Deraa et de Houla, on sait ce dont l’armée syrienne et ses milices sont capables. Près de 20 000 Syriens, surtout des civils, ont déjà été tués en seize mois. Des milliers d’autres sont emprisonnés et torturés, dont des enfants. Des journalistes courageux, comme celui dont vous pouvez lire le reportage aujourd’hui, bravent la censure d’un régime qui voudrait tuer son peuple à huis clos. Ils disent l’horreur et la dévastation. Malgré ces témoignages, rien ne semble pouvoir empêcher le massacre de la deuxième ville du pays.
Déjà, Al-Assad a donné son artillerie, ses hélicoptères de combat et ses chasseurs pour bombarder les quartiers rebelles. La diplomatie a depuis longtemps abdiqué, comme l’a montré la semaine dernière la démission de Kofi Annan. Russie et Chine continuent de protéger le pouvoir d’Al-Assad. Le monde ne peut-il vraiment rien faire pour sauver Alep et le peuple syrien ? Peut-on laisser faire les parrains russe et iranien qui arment et financent le régime ? Entre l’inaction et une intervention étrangère juridiquement impossible et stratégiquement lourde de périls, le monde et la France de François Hollande en particulier ne peuvent-ils pas définir une troisième voie : aider l’opposition politiquement et militairement ? Ne serait-ce que pour ne pas laisser le champ libre et la victoire fina




