Lorsque, le 25 janvier 2011, premier jour de la révolution de la place Tahrir, l'égyptologue Susanne Bickel, directrice du projet Vallée des rois de l'université de Bâle, a découvert une nouvelle tombe sur la rive ouest de Louxor, elle a décidé que «ce n'était pas le bon moment pour aller plus loin». Elle l'a recouverte pour la préserver des pillards et a attendu patiemment la campagne de fouilles de l'année suivante pour pénétrer dans le puits de 4 mètres qui donnait accès à une seule chambre. A l'intérieur, un sarcophage de bois inviolé, peint en noir, couvert de hiéroglyphes, contenant une dame : une chanteuse d'Amon, fille d'un prêtre du temple de Karnak.
La précédente découverte de ce type remonte à 1922, avec la mise au jour par Howard Carter de la tombe de Toutankhamon. Cette fois-ci, point de trésor, mais les autorités égyptiennes ont préféré enlever très vite la momie et la mettre à l’abri. Ici, on badine d’autant moins avec la sécurité des antiquités que les chantiers archéologiques des deux rives du Nil ont été embringués dans un pharaonique projet appelé Louxor 2030, lui-même dans la tourmente depuis la révolution.
Louxor, joyau de l’Egypte. Les anciens en firent leur capitale, Thèbes, sur la rive ouest du Nil, et y enterrèrent leurs pharaons dans des tombes prestigieuses tandis que, sur la rive est, où se situe la ville actuelle, ils édifiaient de somptueux temples dédiés à leurs dieux. L’opération Louxor 2030 vise à transformer la ville en un gigantesque




