Un «pari incroyablement audacieux», «un coup»ou bien un «suicide» ? Quarante-huit heures encore après la présentation samedi du jeune Paul Ryan comme colistier de Mitt Romney pour la course à la Maison Blanche, les analystes américains peinent encore à prendre la mesure de ce «séisme politique».
«Extrême droite». De l'ennuyeux Romney, enfermé dans son image de «modéré sans convictions», on n'avait vu jusqu'à présent qu'une campagne sans grande substance, cramponnée aux basques d'Obama, accusé de «faire échouer l'Amérique». Et voilà que Romney sort de son chapeau son exacte antithèse : un jeune loup libéral, auteur des propositions les plus radicales du Parti républicain pour démanteler ce qui reste de l'Etat-providence américain. Du haut de ses 42 ans, Paul Ryan (lire ci-contre) a déjà proposé rien de moins que de privatiser les retraites, remplacer l'assurance maladie des seniors par des vouchers (des bons) pour s'acheter des polices privées, supprimer l'assurance-maladie des plus pauvres ou encore réduire l'impôt des plus riches pour accroître celui des revenus modestes…Du «darwinisme social à peine voilé», avait résumé Obama en avril, sans imaginer alors que les républicains oseraient lui opposer l'auteur de ces provocations. Même le conservateur Newt Gingrich avait à l'époque aussi accusé Ryan de jouer au «Meccano social d'extrême droite», avant de devoir s'excuser pour ce propos.
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