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Libération
Reportage

A Mogadiscio, lendemains de paix difficiles

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Après vingt ans de conflits et alors que les députés doivent élire aujourd’hui le président somalien, la ville renaît, malgré l’insécurité et la pauvreté.

Une rue de Mogadiscio, le 30 juillet 2012 (Photo Mohamed Abdiwahab. AFP)
ParStéphanie Braquehais
Envoyée spéciale à Mogadiscio
Publié le 19/08/2012 à 19h46

De la cuisine s'échappe une odeur de poulet grillé. Les clients commencent à affluer dans le restaurant et s'attablent dans la cour en attendant l'iftar (repas du soir pendant le ramadan). Dans le quartier Hodan, à Mogadiscio, et alors que la nouvelle Assemblée doit élire son président aujourd'hui (lire ci-contre), le «village» est devenu un rendez-vous d'habitués. Le propriétaire, Ahmed Jama Mohamed, a vécu de nombreuses années à Londres où il gérait plusieurs restaurants. Il y a quelques mois, il a décidé de revenir sur sa terre natale. Sourire aux lèvres, il se concentre sur la préparation de mashmash, beignets de farine, d'eau et de sirop, frits à la poêle. «Quand j'ai vu que la paix était revenue, j'ai décidé de tenter ma chance.» Il pense vendre ce qui lui reste en Grande-Bretagne, car il a déjà investi dans cinq établissements de la capitale somalienne. «Il y a plus d'opportunités commerciales ici que dans une Europe en crise», ajoute-t-il avec humour.

Les insurgés islamistes shebab ont été repoussés à plus de 50 kilomètres de Mogadiscio par les forces de l'Union africaine (17 000 soldats) et, pour la première fois depuis des années, la capitale n'est plus divisée par une ligne de front. Sharmarke Shirwa, âgé d'une trentaine d'années, lunettes de soleil de marque, est venu commander un plat à emporter. «Je suis parti de Mogadiscio quand j'étais tout petit et je n'en ai pratiquement pas de souvenir, dit-il avec un ac

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