Définir des priorités, donner un ton, affirmer un style : le discours du président de la République à l’ouverture de la conférence annuelle des ambassadeurs est un rendez-vous essentiel, surtout en début de mandat, pour fixer le cadre de ce que sera la politique étrangère du quinquennat. Celle-ci est en effet du domaine réservé du chef de l’Etat.
Pour François Hollande, qui s'exprimait hier sous les ors de la salle des fêtes de l'Elysée, l'enjeu est d'autant plus important que, depuis des semaines, les critiques montent sur son «attentisme» ou supposé tel sur le dossier syrien. Sans ambiguïté, le nouveau président a dénoncé Bachar al-Assad et «sa violence inouïe», demandant à l'opposition syrienne de constituer «un gouvernement provisoire inclusif et représentatif» que la France «reconnaîtra lorsqu'il sera formé». Sur la crise qui frappe l'Europe - «premier défi» à relever -, il a insisté sur l'engagement de la France à préserver l'euro et sur la nécessité d'aller vers plus «d'union politique» au sein d'une Union européenne orientée vers plus de croissance.
«Prolifération». Dans cet exercice obligé sur l'état du monde et le rôle de la France, le président socialiste a affiché un retour au classicisme et aux fondamentaux de la diplomatie française, tranchant sur le style plus encore que sur le fond avec son prédécesseur à l'ego envahissant. «Ce qui caractérise le monde d'aujourd'hui est son instabilité.




