Les lampadaires sont couverts d’autocollants évocateurs : «National-socialisme ou fin du monde», «Organisez la résistance contre les antifascistes», «Mort aux assassins d’enfants»… Triste paysage urbain de barres de HLM, de friches industrielles et de logements ouvriers en brique, le quartier de Dostfeld, dans l’ouest de Dortmund, est devenu ces dernières années une capitale du néonazisme à la mode ouest-allemande.
Si l'on en croit les autocollants arrachés, la population tente, comme elle le peut, de résister. La semaine dernière, le gouvernement régional (sociaux démocrates et Verts) de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, élu en mai, a opté pour la stratégie du coup de pied dans la fourmilière. Mercredi, le ministre de l'Intérieur du Land faisait interdire trois groupuscules d'extrême droite de la région. Le lendemain, la police lançait à 6 heures du matin une vaste razzia contre les néonazis. Près de 1 000 policiers ont fouillé 146 logements et commerces dans quelque 32 villes du Land, le plus peuplé du pays. Outre un millier de tracts pour le parti d'extrême droite NPD, les policiers ont confisqué quantité d'armes blanches, d'ordinateurs, une grenade artisanale et même un buste de Hitler. Rien qu'à Dortmund, 600 policiers ont perquisitionné 120 locaux, dont le siège du groupuscule Résistance nationale, désormais interdit, tout comme la Camaraderie du pays d'Aix-la-Chapelle, et la Camaraderie de Ham.«Ces groupuscules sont racistes, antisémites et n'hésitent pas à recourir à l




