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Libération
Analyse

Le président Jacob Zuma fragilisé

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La plus grande tuerie depuis la fin de l’apartheid relance la course à la présidentielle.

ParSophie Bouillon
(à Marikana)
Publié le 03/09/2012 à 13h38

Jeudi, devant la cour de justice de Ga Rankuwa, une centaine de manifestants étaient venus soutenir leurs camarades emprisonnés et interpeller leur président. Sur leurs casques de mineurs, ils avaient écrit au feutre noir «Zuma, que fais-tu pour nous ?», pointant l'inaction du leader de l'ANC (African National Congress), élu président en 2009 en tant que «candidat des pauvres». Les 270 mineurs accusés du meurtre de 34 de leurs collègues ont finalement été libérés hier par le parquet.
Il y a deux semaines déjà, lors du massacre de Marikana, Jacob Zuma avait réagi avec plusieurs jours de retard, rendant visite aux mineurs cinq jours après la plus grande tuerie de l'histoire récente du pays. Dès le lendemain, c'est son opposant, le jeune Julius Malema, suspendu de l'ANC en début d'année pour ses critiques répétées contre le Président, qui était venu parler aux grévistes. «Malema veut tirer profit de cette crise pour réintégrer le parti, affirme le politologue Daniel Silke. La confusion du gouvernement a laissé la porte ouverte aux populistes.» L'ex-président de la Ligue des jeunes de l'ANC, venu s'adresser aux manifestants de Ga Rankuwa jeudi, a appelé les mineurs du pays à «rendre les compagnies étrangères ingouvernables». Depuis, Gold Fields, géant mondial de la production d'or, a dû arrêter sa production, 12 000 salariés se sont mis en grève.
Et alors que la colère monte dans le pays, l'élection du nouveau représentant de l'ANC par les dél

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