Dans le centre de Laurinburg (Caroline du Nord), la permanence Obama se repère de loin : entre les boutiques de fripes fanées et les magasins abandonnés, c'est l'une des rares devantures pimpantes, avec petits nœuds et drapeaux aux couleurs de l'Amérique. «Il faut bien le reconnaître, tout est allé de mal en pis ici. Ces quatre dernières années encore, avoue Barbara Cook, 63 ans, une des trois retraitées qui s'agitent cet après-midi-là sur un téléphone portable pour rallier malgré tout les cœurs à Obama. Les usines ont continué de fermer, les emplois partent à l'étranger. La région est très déprimée.» Elle-même a perdu son emploi de bibliothécaire à l'université locale, mais elle n'en veut pas au Président. «J'ai bien plus peur de ce que feraient Romney et Ryan, explique-t-elle. Quand je les écoute, ça me fait penser aux livres de Charles Dickens ou au film Lawless [sortie en France mercredi prochain, sous le titre Des hommes sans loi, ndlr]. J'ai l'impression qu'ils veulent nous ramener au temps où chacun en faisait à sa guise avec son fusil.»
Située à deux heures de route à l'ouest de Charlotte, où se tient cette semaine la convention démocrate, la ville de Laurinburg avait voté Obama à 57% en 2008. Quatre ans plus tard, l'ancienne «capitale du melon cantaloup», reconvertie au XXe siècle en pôle textile, a continué de perdre ses usines et ses habitants. Le taux de chômage, l'un des plus élevés de Caroline du Nord, est




