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Portrait

Au Québec , Pauline Marois victorieuse mais pas souveraine

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La chef indépendantiste n’a pas de majorité parlementaire à l’issue du scrutin de mardi.

Pauline Marois le 30 août 2012. (Photo Christinne Muschi. Reuters)
ParHélène Despic-Popovic
Envoyée spéciale à Montréal
Publié le 05/09/2012 à 20h56

«J’ai la conviction que l’avenir du Québec, c’est de devenir un pays souverain.»

A ces mots, la dirigeante du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, qui, à 63 ans, devient la première femme à diriger cette province francophone du Canada, attend une ovation. Mais deux gardes du corps l’empoignent et lui font quitter la scène du Métropolis, la salle de concert réservée pour la soirée. Elle ne le sait pas encore : une fusillade a éclaté derrière le bâtiment. Un individu a tiré sur deux personnes, dont une mourra un peu plus tard.

Rapidement maîtrisé, l'homme d'une cinquantaine d'années crie : «Les Anglais se réveillent.» Les téléspectateurs québécois viennent-ils d'assister au premier attentat anti-indépendantiste de l'histoire de cette province ou s'agit-il du geste d'un déséquilibré ?

«Francophonie». L'acte est d'autant plus étrange que Pauline Marois vient d'apprendre qu'elle dirigera en fait un gouvernement minoritaire incapable de faire évoluer la province vers l'indépendance, objectif ultime et raison d'être du Parti québécois. Cette blonde aux cheveux courts et à l'allure énergique répète à l'envi qu'elle croit intimement que le Québec «sera un jour un pays». Mais elle n'a jamais fixé de calendrier, car elle sait qu'après l'échec de deux référendums (1980, 1995), il sera difficile de convaincre de la nécessité d'en organiser un troisième. Les derniers sondages donnent aujourd'hui moins d'un tiers d'opinions favorables à la tenue d'

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