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Colombie : vers la paix intérieure

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Gouvernement et Farc ont annoncé l’ouverture de négociations pour mettre fin à un conflit cinquantenaire.

Les Farc dans les montagnes proches de Jambalo, à Cauca (ouest), le 12 juillet. (Photo Luis Robayo. AFP)
ParMichel Taille
Correspondant à Bogotá
Publié le 05/09/2012 à 21h26

Le président colombien, Juan Manuel Santos, a officialisé mardi, à l'heure des journaux télévisés, que des négociations débuteront le mois prochain avec la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) pour tenter de parvenir à «la fin du conflit», vieux de presque cinquante ans. Une heure plus tard, dans une vidéo diffusée dans un amphithéâtre de La Havane, où se sont tenus les premiers contacts, le commandant des Farc, Rodrigo Londoño, alias «Timoleón Jiménez» ou «Timochenko», confirmait l'annonce. «La solution n'est pas la guerre, mais le dialogue civilisé», insistait-il. Si le processus aboutit, il marquera la fin du dernier conflit du continent américain, et d'une des plus vieilles guérillas au monde.

Qu’est-ce qui a permis cette avancée ?

Dès le début de son mandat, le 7 août 2010, le libéral Santos, pourtant ex-ministre de la Défense et responsable de plusieurs coups durs contre les Farc, aurait tenté des rapprochements. Il aurait utilisé la médiation de connaissances personnelles des chefs des Farc, avec le soutien de Fidel Castro et du président vénézuélien, Hugo Chávez. Ces démarches se sont maintenues malgré la persistance de la guerre, illustrée par la mort au combat du commandant de la guérilla, Alfonso Cano, en novembre. Elles ont abouti cette année à une série de discussions «exploratoires», tenues à La Havane sous l'égide de Cuba et de la Norvège, pour fixer le cadre de la négociation. C'étai

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