Zoïa Svetova, journaliste à l'hebdomadaire russe New Times (Novoe Vremia) et membre de la Commission des visiteurs de prison, une association indépendante, est une des rares personnes à avoir rencontré les Pussy Riot dans leur prison. Fille d'un écrivain dissident condamné au goulag, elle a beaucoup enquêté sur le système carcéral russe et ses victimes. Son nouveau livre, Les innocents seront coupables, consacré au tragique destin d'une jeune Tchétchène condamnée à huit ans de prison, va paraître en octobre aux éditions François Bourin dans la collection «Les moutons noirs».
Vous avez rencontré les trois Pussy Riot dans leur prison. Dans quelles conditions sont-elles détenues ?
C’est une prison moderne qui abrite 800 personnes environ, des femmes mais aussi des hommes, notamment des policiers ou des magistrats que l’on veut isoler des autres prisonniers. Le secteur femmes est composé de grandes cellules de 18 à 20 personnes, qui comportent une douche et des toilettes séparées, ainsi qu’une petite cuisine. Le secteur compte aussi des petites cellules de 2 à 4 personnes qui ont des toilettes et un lavabo mais pas de douche. Les trois filles sont toutes dans des petites cellules, séparées les unes des autres. La particularité de cette prison est qu’il y a des chats. J’ai vu un chat noir dans la cellule de Maria Alekhina. Dans la cour, il y a des fleurs.
C'est une maison d'arrêt [destinée aux prévenus, ndlr], mais certaines détenues condamnées à des peines inférieures à quatre ans y sont quand même incarcérées. Elles font le ménage, balaient la cou




