Menu
Libération
Portrait

Pussy Riot, les chattes qui chatouillent la Russie

Réservé aux abonnés

De la formation de leur groupe féministe à leur coup d’éclat dans la cathédrale moscovite, retour sur le parcours des trois jeunes artivistes russes condamnées à deux ans de camp pour une prière anti-Poutine.

Nadezhda Tolokonnikova, une membre des Pussy Riot, le 20 juin 2012. (Photo Denis Sinyakov. Reuters)
Publié le 07/09/2012 à 19h07

On l’appelle la Bastille jaune à cause de sa tour épaisse et quasi aveugle et de ses murs de briques jaunes. C’est dans cette maison d’arrêt, de facture moderne, que sont détenues les trois militantes de Pussy Riot, condamnées le 17 août à deux ans de prison pour avoir chanté une prière punk dans la cathédrale du Christ-Sauveur, la plus grande église de Moscou, un acte jugé blasphématoire. Curieusement, la partie de la prison où se trouvent les détenus, principalement des femmes, est coincée entre un bâtiment administratif et le monastère Nicolo-Perervinski qui la domine de toute la hauteur de ses coupoles bleues. De quoi conforter des filles qui ont dénoncé la collusion de l’Eglise orthodoxe russe et de l’Etat.

Le Sizo 6, comme s’appelle la maison d’arrêt - sizo, pour isolateur, on ne saurait être plus clair - se trouve à Moscou, mais tout au bout de la ville, dans le quartier de Petchatniki, une banlieue perdue où il n’y a plus de métro, encore moins de banque, et même pas de café. C’est là que les familles viennent rencontrer leurs proches, encore prévenus ou fraîchement condamnés en attente d’un appel ou d’un transfert vers un établissement pénitentiaire. Après avoir franchi toutes les étapes d’un vrai parcours du combattant.

Une histoire d’intellect

Ce mercredi, cinq jours après la condamnation des jeunes femmes, Piotr Verzilov, le mari de Nadejda Tolokonnikova, Nadia de son diminutif, a dû partir de chez lui à 5 h 30 pour avoir une chance de voir sa femme. En cinq mois, c’est la seconde fois qu’

Dans la même rubrique