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Récit

Marikana ouvre une brèche en Afrique du Sud

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Après un mois d’août sanglant, les grévistes de la mine de platine viennent d’obtenir une revalorisation des salaires. Partout dans le pays, ils sont érigés en exemple.

Les grévistes de Marikana,mardi, après l’annonce d’une hausse des salaires de 22%. (Photo Alexander Joe. AFP)
ParSophie Bouillon
Envoyée spéciale à Marikana
Publié le 19/09/2012 à 20h56

«Ce matin, pour la première fois depuis six semaines, je me suis réveillé avec le sourire. Nous sommes heureux, raconte Andrew, chef opérateur à Lonmin. Je peux désormais aider ma famille.» Mardi soir, les mineurs de Marikana ont accepté l'offre de la direction pour la revalorisation de leur salaire. Celui-ci n'atteint pas les 12 500 rands (un peu moins de 1 200 euros) demandés au début de la grève mais, grâce au système de bonus, et à une augmentation de 22%, Andrew va quasiment doubler son salaire brut. Les foreurs recevront désormais 11 000 rands mensuels. L'extraction de platine devait reprendre jeudi, et les actions de Lonmin avaient fait un bond, une heure après l'ouverture des Bourses, de 6% à Londres et 8% à Johannesburg.

Cette grève aura causé la mort de 45 personnes depuis le mois d’août. Le moral des mineurs était au plus bas ce week-end, d’autant plus que le gouvernement avait déployé l’armée et la police dans le township voisin de Wonderkop pour récupérer les armes illégales et intimider les grévistes. La compagnie avait également menacé de renvoyer les mineurs s’ils n’acceptaient pas cette nouvelle offre. Mais la majorité, silencieuse et apeurée, n’avait d’autre choix que de suivre le mouvement de grève, sous risque de subir des violences de la part de leurs collègues. Le cadavre d’un employé a d’ailleurs été retrouvé la semaine dernière, tué semble-t-il d’un coup de machette sur la nuque.

«Crise de confiance». L'heure est donc

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