Petite devinette qui en dit long sur un drôle de rapport de force diplomatique. Quel pays a été reçu le plus de fois à l’Elysée depuis le début du quinquennat de François Hollande ? L’Allemagne ? L’Italie ? Les Etats-Unis ? Non : le Qatar. Trois fois exactement. Son émir, Hamad ben Khalifa al-Thani, a été accueilli en grande pompe une fois. Et son Premier ministre, Hamad ben Jassem al-Thani, deux fois, mais en toute discrétion. Sa dernière visite remonte au 10 septembre. Mais inutile de demander à l’Elysée un petit résumé de ce que lui et le président de la République se sont dits. L’affaire est confidentielle. Car avec le Qatar, on ne traite que de sujets sensibles où s’entremêlent intérêts financiers et diplomatie secrète.
Ce micro-Etat, grand comme la Corse, mais à la force de frappe financière infinie (elle est évaluée à 540 milliards d'euros), peut se sentir en France comme chez lui : dans l'immobilier de luxe, au capital des grandes entreprises du CAC 40, dans le sport et les médias, et maintenant dans les banlieues (lire ci-contre et page suivante). Un activisme diplomatico-financier qui ne manque pas de surprendre un diplomate de haut rang : «Dès l'élection de François Hollande, ils ont fait le siège de l'Elysée pour être reçus au plus vite. Ils n'avaient qu'une seule crainte, que la coopération entre nos deux pays puisse s'arrêter.» Pour l'instant, François Hollande laisse venir ce précieux allié. «Mais le chef de l'Etat compte bien clarifier le




