Torse nu dans son minicar, Henrique Capriles Radonski se contorsionne pour revêtir la chemise neuve qu'il vient de sortir de son sac à dos. Bleu ciel, comme la couleur fétiche de campagne du candidat unique de l'opposition qui défie Hugo Chávez dans le cadre de la présidentielle du 7 octobre. Adepte du bain de foule, il en paye le tribut en revenant avec les vêtements froissés, tachés, arrachés, trempés de sueur. A peine rhabillé, il réclame une nouvelle halte : «Viens, on va voir le Christ en bois de l'église Santo Cristo de la Grita. C'est un franciscain qui l'a sculpté il y a plus de quatre siècles, ça vaut vraiment le coup !» lance-t-il en s'engouffrant dans l'édifice religieux. Une bousculade et quelques cantiques plus tard, le candidat, en route pour la localité de La Fria, dans l'Etat de Táchira, est à nouveau en train de pianoter sur son Blackberry. Ses proches lèvent les yeux au ciel : «Ça fait huit mois que ça dure, on est vannés.» A 40 ans, Capriles, que les derniers sondages donnent pourtant perdant contre le toujours populaire Hugo Chávez - au pouvoir depuis quatorze ans et prêt à rempiler -, mène une campagne électorale tambour battant.
Tendresse. Depuis début juillet, il a effectué plus de 250 déplacements et réunions dans tout le pays. «J'ai fait deux fois le tour du Venezuela et je referai un tour complet d'ici le scrutin», affirme-t-il. Ni rock star, ni vedette de telenovela, comme on se plaît souvent à le décrire,




