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Enquête

Diplomate tué en Libye : questions sur un fiasco

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De graves failles sécuritaires sont pointées dans la mort de l’ambassadeur américain à Benghazi.

Le consulat américain de Benghazi le 12 septembre 2012, lendemain de l'attaque qui a coûté la vie à quatre Américains, dont l'ambassadeur Chris Stevens. (Photo Esam Al-Fetori. Reuters)
ParLorraine Millot
Correspondante à Washington
Publié le 27/09/2012 à 22h56

Comment l’ambassadeur des Etats-Unis a-t-il pu être abandonné par ses gardes au milieu d’une attaque ? Et que lui est-il arrivé entre 21 h 30 et 00 h 30, dans la nuit du 11 au 12 septembre, tandis que ses conseillers et gardes l’avaient «perdu» ? Plus de deux semaines après l’assaut du consulat américain de Benghazi, qui a tué l’ambassadeur américain en Libye, Christopher Stevens, et trois autres agents américains, les questions se multiplient sur les circonstances de cette attaque, et suggèrent un enchaînement peu commun d’échecs.

Selon le récit américain livré aux journalistes par des officiels à Washington, le consulat a été attaqué vers 21 h 30 le 11 septembre par des assaillants qui ont très vite pénétré dans l'enceinte. Ils ont mis le feu à la villa principale du complexe, où l'ambassadeur se trouvait en compagnie d'un informaticien, Sean Smith, et d'un garde. L'ambassadeur et ses deux collaborateurs ont été «séparés les uns des autres du fait de la fumée épaisse et noire, tandis qu'ils essayaient d'évacuer le bâtiment», a expliqué un officiel américain, sous condition d'anonymat.

Black-out. Revenu plus tard sur les lieux avec des renforts, le garde découvre l'informaticien mort, mais ne voit pas l'ambassadeur. Celui-ci n'est retrouvé que vers minuit et demi par une foule de Libyens qui l'emmènent vers un hôpital, où les médecins tentent, en vain, de le réanimer.

Le flou complet sur ces trois heures pendant lesquelles les Américains avaient perdu

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