Le «corbeau» n'a pas bronché. Au cours de la première audience du procès Vatileaks qui a duré une heure et quart, le majordome Paolo Gabriele, costume gris et cravate assortie, est resté assis, impassible, dans la minuscule salle du tribunal du Vatican. Accusé d'avoir balancé au journaliste Gianluigi Nuzzi (auteur du livre Sa Sainteté, scandale au Vatican) des dizaines de documents embarrassants révélant les turpitudes et les jeux de pouvoir dans l'ombre de Benoît XVI, il n'a pas encore été invité à prendre la parole.
Samedi matin, les trois juges laïcs de la cité pontificale ont pour l'essentiel cherché à cadrer ce procès inédit et exceptionnel contre l'un des plus proches collaborateurs du pape. Les débats devraient ainsi être rapides et le jugement tomber sans doute dès le 6 octobre. «Nous aurons à disposition quatre autres audiences, cela devrait suffire», a déclaré le président de la cour, Giuseppe Dalla Torre.
Il est vrai que celui que l'entourage du pape surnommait affectueusement «Paoletto» a reconnu ses responsabilités en expliquant qu'il voulait aider Benoît XVI et se sentait investi par «l'esprit saint» d'une sorte de mission de purification de la Curie. Suspecté de vol aggravé, il risque six ans d'emprisonnement. Reste à savoir s'il mouillera de probables complices (à l'origine, Gabriele avait parlé d'une vingtaine de personnes impliquées) ou s'il assumera seul les faits reprochés.
A la demande de son avocat, un article du quotidien allema




