Une petite maison bleue au milieu des demeures de briques rouges. Quand elle a été construite, en 1937, elle servait de modèle type pour attirer les classes moyennes dans le nouveau quartier de Green Acres, tout au nord de Detroit, dans le Michigan. Depuis, la ville a subi de plein fouet le déclin industriel et, à quelques centaines de mètres plus à l’est, les bâtisses abandonnées se succèdent.
Mais sur Woodstock Avenue et alentour, «c'est comme une enclave un peu plus sereine», dit Jeanne Hunter-Moore. Avec son mari, Bill, cette professeure d'histoire de l'art a eu un coup de foudre pour la maison bleue en 2002. «Le seul problème, ajoute-t-elle, c'est qu'on l'a achetée quand le marché était au plus haut et qu'elle a perdu depuis les trois quarts de sa valeur. A l'époque, on imaginait que c'était un bon investissement. Aujourd'hui, on est comme tout le monde. On a eu pas mal de déboires et on ne sait plus trop quoi penser.»
Tous deux originaires du Michigan, Bill et Jeanne Hunter, 48 et 49 ans, se définissent eux-mêmes comme appartenant à cette middle class qui est au cœur des élections américaines. Depuis des mois, Barack Obama assure qu'il est le seul à vouloir défendre ses intérêts face à Mitt Romney, décrit comme un homme d'affaires ne se préoccupant que des riches. Le candidat républicain, de son côté, rétorque que le Président a laissé tomber la middle class durant la crise de 2008. Et la foire d'empoigne n'en finit pas. «Nous savons que no




