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Géorgie : Mikhaïl Saakachvili, de la rose aux épines

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Le parti du président pro-occidental a nettement perdu les législatives. Sa popularité n’a cessé de s’éroder depuis la révolution des Roses de 2003.

ParHélène Despic-Popovic
Envoyée spéciale à Tbilissi
Publié le 02/10/2012 à 21h36

C'est un vote sanction que les Géorgiens ont infligé au président réformateur pro-occidental Mikhaïl Saakachvili en donnant, aux législatives de lundi, une majorité à une coalition hétéroclite dirigée par un milliardaire enrichi en Russie encore inconnu il y a un an. «Ce n'est pas Bidzina Ivanichvili qui a gagné les élections, c'est le Mouvement national unifié de Saakachvili qui les a perdues», note le politologue Gotcha Tskitishvili. Dans un geste plutôt inédit dans la région, le jeune chef de l'Etat, au pouvoir depuis la révolution des Roses de 2003, a eu l'élégance de reconnaître sa défaite. «Il est clair que Rêve géorgien a obtenu la majorité. La majorité parlementaire devrait former un nouveau gouvernement et, en tant que président, conformément à la Constitution, je ferai tout mon possible pour faciliter son travail, a déclaré le président, dont la formation avait, dans un premier temps, revendiqué la victoire. Le peuple géorgien prend ses décisions à la majorité. C'est ce que nous respectons le plus. Le Mouvement national unifié, dont je suis le leader, va donc dans l'opposition», a-t-il poursuivi.

Arrogance. Ainsi a été inaugurée une période originale de cohabitation qui pourrait durer jusqu'à la présidentielle de l'automne prochain, lorsque certains pouvoirs seront transférés du chef de l'Etat au Premier ministre. Le vainqueur du scrutin n'a pas caché qu'il préférerait que le président «donne de lui-même sa démission»,

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