Souriant et offensif, courtois et percutant, presque drôle et charmeur… Le Mitt Romney apparu mercredi soir au premier débat qui l'opposait à Barack Obama a bluffé tous ceux qui le connaissaient mal encore, ou avaient fini par se laisser convaincre que l'ancien patron du fonds d'investissement Bain Capital n'était qu'un financier puant, raide et coincé. Le «vrai Romney» s'est enfin révélé, pouvaient triompher hier les républicains qui, jusqu'à la veille de ce débat, commençaient à désespérer de leur candidat.
Mitt Romney a surtout réussi mercredi soir à se poser en modéré et rassembleur, à mille lieux des outrances précédentes de la campagne et du «candidat des riches» dépeint par les démocrates. Il a désamorcé toutes les attaques d'Obama en assurant - sur le même ton toujours posé - que non, il ne prévoit pas de faire de nouveaux cadeaux fiscaux aux riches, ni de démanteler l'assurance maladie publique, ni de creuser les déficits ou abolir toute régulation… Romney s'attendait, bien sûr, aux assauts du Président sur ses propositions ou celles de son colistier, Paul Ryan, qui ont vraiment de quoi effrayer. Avec un bel aplomb, il a tout nié en bloc et renvoyé Obama dans les cordes : «J'ai cinq fils. J'ai l'habitude de m'entendre répéter des choses pas vraies, dans l'espoir que je finisse par y croire.»
Virevolte. «Romney a surtout été particulièrement convaincant lorsqu'il a rappelé comment, en tant que gouverneur au Massachusetts,




