L’artillerie turque a continué, hier matin, à bombarder des positions de l’armée syrienne en représailles contre les tirs qui, mercredi, ont tué cinq civils dont un enfant dans le village frontalier d’Akcakale. Saisi par la Turquie, le Conseil de sécurité de l’ONU devait faire une déclaration hier soir condamnant Damas dans ce qui est le plus grave incident armé depuis dix-huit mois entre ces deux pays qui partagent plus de 800 kilomètres de frontière.
Y a-t-il un risque d’escalade ?
«La Turquie ne cherche pas la guerre avec la Syrie, mais elle est capable de protéger ses frontières et de mener si nécessaire des représailles», écrivait hier sur son compte Twitter Ibrahim Kalin, conseiller du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan. Très martial, ce dernier déclarait à l'issue d'une réunion de crise que «la Turquie ne laissera jamais impunies de telles provocations du régime syrien qui menacent notre sécurité nationale», tout en rappelant qu'elle agirait «dans le respect du droit international». Le régime syrien a présenté ses condoléances et annoncé l'ouverture d'une enquête, mais Ankara n'en est pas moins déterminé à montrer sa force.
Le Parlement a voté hier par 320 voix (notamment celle de l’AKP, le parti issu du mouvement islamiste au pouvoir depuis 2002), contre 129 (celles du CHP, la principale force de l’opposition de gauche, et du BDP, le parti prokurde) une motion autorisant une opération transfrontalière en cas de nécess




