La peur a changé de camp en Géorgie, où l’opposition dirigée par le milliardaire populiste Bidzina Ivanichvili a, à la surprise générale, remporté les législatives de lundi dernier contre le parti du président réformateur, Mikhaïl Saakachvili, au pouvoir depuis huit ans. Elle n’est plus dans la rue où, comme à Tbilissi, les mères de famille ou retraités promettent pis que pendre aux membres de l’ancienne équipe.
Corollaire d'une transition inédite dans ce pays issu de l'ex-Union soviétique, les ministères sont pratiquement vides. L'homme d'affaires, qui a promis d'annoncer aujourd'hui la composition de son cabinet, a déclaré qu'il conserverait 90% du personnel, mais aucun ministre. «Les gens sont terrorisés», confie un jeune responsable. Une ministre sortante a déjà reçu des coups de fil de menace. Et à Marneuli, en province, selon un groupe d'ONG, dont Transparency International Géorgie, des partisans du Rêve géorgien, la coalition dirigée par Ivanichvili, sont entrés vendredi en force dans le bureau du gouverneur. Pris à partie, son adjoint et un chauffeur sont à l'hôpital.
Enquête. La Géorgie saura-t-elle éviter le revanchisme ? Rien n'est moins sûr. Un tabloïd d'opposition a publié cette semaine la liste, avec noms et adresses, des 316 employés de la prison 9 à Tbilissi, à l'origine du scandale des tortures - des passages à tabac systématiques - qui, de l'avis de tous les analystes, est responsable de l'échec électoral du Mouvement national unifié




