Rien ne semble arrêter la vague de suicides par le feu des Tibétains. Trois d'entre eux se sont immolés la semaine dernière pour protester contre la répression menée par le gouvernement chinois, portant le macabre décompte depuis février 2009 à 55. «Le gouvernement chinois soumet collectivement les Tibétains à l'emprisonnement et à un régime de torture sans fin. Les Tibétains qui refusent de reconnaître que le Tibet fait partie de la Chine sont, pour cette seule et unique raison, assassinés en secret ou bien disparaissent.» Ce sont les dernières paroles, publiées sur son blog, de l'écrivain Gudrub, 42 ans, qui s'est immolé jeudi. «Le gouvernement chinois, déplore-t-il, n e tient pas compte des propositions pacifiques du dalaï-lama [ le chef spirituel du Tibet, en exil en Inde, ndlr] en vue de restaurer l'autonomie du Tibet.» Samedi, c'est le père de deux enfants, Sangay Gyatso, qui s'est suicidé aux portes d'un monastère de Hezuo, dans la province du Qinghai. Une photo sur le Net le montre presque entièrement calciné.
Inauguré il y a trois ans par des moines, le suicide comme mode d'action est désormais imité par des laïcs. De nombreux Tibétains s'y opposent : 400 d'entre eux se sont réunis la semaine dernière à Dharamsala (Inde), siège du gouvernement tibétain en exil, pour supplier leurs 6 millions de compatriotes d'y renoncer. Pour Gudrub, ce geste est toutefois nécessaire pour «dévoiler ce qu'il se passe réellement au Tibet




