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Récit

Italie : dans les régions, la corruption est légion

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Mafia, gabegie, détournements de fonds publics… La classe politique locale est éclaboussée par une série de scandales.

ParEric Jozsef
Rome, de notre correspondant
Publié le 14/10/2012 à 19h26

Sur le papier, la décentralisation devait réduire la distance entre la classe politique italienne et les citoyens. De Rome à Milan, en passant par Palerme ou Reggio de Calabre, elle est avant tout en train de réduire celle séparant les élus locaux de la porte des pénitenciers transalpins. Depuis plusieurs mois, la péninsule italienne est secouée par une série de scandales frappant les administrations régionales qui rappelle le système de corruption généralisée du début des années 90 et l’opération «Mains propres» qui avait décimé le Parlement national.

Mardi, les carabiniers ont ainsi débarqué au petit matin pour arrêter le conseiller (droite) régional de Lombardie, Domenico Zambetti. Celui-ci aurait payé 200 000 euros à la ’Ndrangheta calabraise pour acheter son élection. A 50 euros le bulletin de vote, les parrains du Sud auraient assuré sa victoire dans la prospère capitale économique du pays.

«C'est une opération sans précédent», ont commenté les enquêteurs. Jamais auparavant les boss n'avaient, semble-t-il, réussi à piloter aussi clairement l'issue des consultations dans le Nord de la péninsule. C'est surtout la preuve que les conseils régionaux, avec leurs nouveaux pouvoirs, notamment financiers, acquis depuis 2001 et la réforme de la décentralisation, font l'objet d'intenses convoitises. Zambetti est le cinquième adjoint au président de Lombardie, Roberto Formigoni, à être inquiété par la justice. Longtemps présenté comme un successeur potentiel de Silvio Berlu

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