Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés s'inquiète. Et pour cause : après avoir ouvert son principal centre de rétention sur Christmas Island dans l'océan Indien, le gouvernement australien prévoit de transférer les migrants qui viennent demander l'asile vers deux centres de rétention dans des pays étrangers (en échange d'une compensation financière) : l'île de Nauru, qui est une République indépendante, et l'île de Manus appartenant à la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ce transfert n'est pas «totalement approprié», s'est inquiété le Haut-Commissaire Antonio Guterres dans un courrier au gouvernement australien jeudi 14 octobre.
(Carte : Parlement australien)
Depuis une dizaine d'années, le pays éloigne les demandeurs d'asile vers les îles du Pacifique, afin de les dissuader de se lancer dans une traversée pour rejoindre le pays - une traversée souvent périlleuse, qui a conduit à la mort de 600 d'entre eux en trois ans. Mais malgré les inquiétudes de l'ONU, un porte-parole du ministère australien de l'Immigration a fait savoir vendredi 15 octobre que Canberra ne transigera pas, indiquant que des réfugiés allaient être transférés au centre de Manus d'ici quelques semaines. Celui-ci, qui n'est pas encore en état de marche, aura une capacité de 600 personnes. Le second qui inquiète l'ONU, celui de Nauru, accueillera quant-à-lui 1 500 demandeurs d'asile. Plus de 100 y ont déjà été transférés, et le Premier ministre, Julia Gillard, entend bien y porter à 500 le