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Libération
Reportage

Bani Walid, fin d’un bastion kadhafiste

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Historiquement fidèle au Guide libyen, tué il y a un an, la ville est tombée hier à l’issue d’une opération militaire menée par la cité rivale de Misrata.

A Bani Walid, le 24 octobre 2012. (Photo Ismail Zetouni. Reuters)
ParMathieu Galtier
Envoyé spécial à Bani Walid
Publié le 24/10/2012 à 21h56

Au sol, entre les amas de pierre et les pans de mur, il reste quelques oignons et des morceaux de pain. Mais Abdullah et Mafoudha n'auront plus l'occasion de manger chez eux. Un missile Grad a détruit leur appartement de Bani Walid le 7 octobre. Sévèrement brûlés, les adolescents de 12 et 16 ans auraient dû être transférés à Tripoli, à 180 km de là. Mais l'ambulance a été arrêtée à un check-point : «Si vous passez, vous ne rentrerez pas», a expliqué un soldat au chauffeur. Le conducteur a fait demi-tour. Abdullah et Mafoudha sont finalement arrivés à Tripoli samedi, soit deux semaines après le bombardement. Adbullah était brûlé à 65% et Mafoudha a été amputée des jambes. Tous deux sont des victimes du siège de Bani Walid, mené par son puissant voisin, Misrata, depuis le 2 octobre.

«Cancer». Les forces gouvernementales ont en fin de compte repris hier le contrôle de Bani Walid, même s'il reste quelques «poches de résistance», selon des chefs de groupes armés. Depuis le début de l'opération, 25 000 habitants ont fui - la ville en compte environ 80 000 -, pour trouver refuge à Tarhunah, au nord-ouest, selon la Croix-Rouge.

Le Congrès national, l'Assemblée élue en juillet, seule institution nationale démocratique, a voté le 25 septembre la décision numéro 7, qui autorisait le siège. Le pays «n'est pas totalement libéré» des kadhafistes, selon son président, Mohamed al-Megaryef. Pour les Libyens, Bani Walid reste la «ville verte»,

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