Plus de soixante-cinq ans après le génocide, la chancelière allemande, Angela Merkel a inauguré un mémorial Sinti et Rom, mercredi à Berlin. Historienne à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, Henriette Asséo travaille sur l'histoire du peuple tsigane en Europe. Elle est l'auteure des Tsiganes, une destinée européenne. Le film documentaire, Mémoires tsiganes, l'autre génocide, qu'elle a écrit avec Idit Bloch et Juliette Jourdan, vient d'être récompensé aux Rendez-vous de l'histoire à Blois. Elle explique ici toute la portée de cette inauguration et en profite pour mettre à mal quelques clichés.
Ce monument est-il le premier du genre ?
C’est le premier qui symbolise, à l’échelle de l’Allemagne, le caractère central des décisions et de l’exécution du génocide des Tsiganes par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale. Il consacre l’affirmation du caractère racial de la persécution que les autorités allemandes ont, pendant des décennies, refusé de reconnaître. En témoignent les obstacles qui ont jalonné, pendant dix-huit ans, sa construction par le sculpteur israélien Dani Karavan. L’artiste a été approché par Romani Rose, au nom des associations Sinti et Rom allemandes, puis le projet fut officialisé en 1999. Ce lieu de recueillement et d’hommage aux victimes est construit tout près du Reichstag et non loin du monument qui commémore la Shoah. Il est constitué d’un cercle, comme un trou sombre rempli d’eau qui reflète le ciel, le Reichstag et les visiteurs. Chaque jour à la même heure, un




