«Notre succès, c'est d'avoir fait en sorte que tout le monde puisse avoir une chance en Amérique, mais le chemin est encore long.» C'est ainsi que Barack Obama résume lui-même son premier mandat à la Maison Blanche, dans l'interview qu'il vient d'accorder au magazine Rolling Stone. Quatre ans après son élection triomphale et historique, le Président a appris aujourd'hui à être plus modeste.
«Pare-feu». Le voyage des journalistes de Libération le long de la route 95 (lire pages 4 à 19) montre les ombres et lumières de ce bilan. Poussé par le vent du changement et de l'espoir en 2008, Obama a mené sa campagne 2012 sur un slogan plus sobre : «Forward» («aller de l'avant»).
Le paradoxe pourtant est qu'aucun autre chef d'Etat n'aurait à rougir du bilan d'Obama. Face à la crise économique et financière la plus grave depuis 1929, le Président a su imposer un plan d'intervention - le fameux stimulus package - dont tous les experts s'accordent à dire aujourd'hui qu'il était nécessaire. Il a aussi réussi à sauver l'industrie automobile, retiré les troupes américaines d'Irak et programmé le retrait d'Afghanistan, éliminé Oussama ben Laden, entamé la réforme de santé la plus importante de ses cinquante dernières années et pris position pour le mariage gay. «D'un point de vue historique, Obama représente un nouveau type d'homme politique du XXIe siècle : c'est un pare-feu progressiste», assure l'hist




