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Analyse

La nation arc-en-ciel en terrain miné

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Depuis le massacre de Marikana, les tensions sociales menacent de faire vaciller l’Afrique du Sud. Contesté, le président Zuma bataille pour conserver la tête de l’ANC.

ParSophie Bouillon
Correspondante à Johannnesburg
Publié le 01/11/2012 à 20h16

Au cinquantième étage de la tour Ponte, en plein centre de Johannesburg, Brian et ses amis architectes sirotent un verre de vin. Derrière les baies vitrées, la «ville de l'or», comme on la surnomme en Afrique du Sud, étale ses lumières et ses entrailles. Dans l'obscurité, on distingue les dizaines de terrils des mines, sur lesquelles la capitale économique du pays a construit sa richesse et son prestige. Entre deux gorgées de merlot, les amis s'échangent les dernières rumeurs sur les grèves. Tout autour de Johannesburg, les mineurs manifestent dans la violence.

Corruption. Depuis le mois d'août et le massacre de Marikana, au cœur d'une mine de platine, le secteur tourne au ralenti. Après cette grève meurtrière qui a fait 45 morts, les 18 000 employés de la compagnie britannique Lonmin sont retournés au travail, avec une augmentation de salaire considérable (+ 22%). Mais dans la ceinture de platine, on s'inquiète : le leader mondial Anglo American Platinum (Amplats) a déjà perdu 1,1 milliard de rands (110 millions d'euros) depuis le début des troubles sociaux, et a renvoyé 12 000 ouvriers grévistes. La présidente du groupe, Cynthia Carroll, a dû démissionner. AngloGold, le 3e producteur d'or au monde, a lancé un ultimatum à ses 24 000 mineurs pour qu'ils retournent au travail sous peine d'être eux aussi suspendus. GoldFields, plus au sud, a renvoyé plus de 8 000 travailleurs avant de reprendre ses opérations. Début octobre, les grèves se so

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