«Je ne peux pas faire un pas dans la rue sans qu'ils me barrent la route. Ils attaquent en permanence.» Stephanie se sent traquée. Cette gérante d'un magasin de jeux vidéo de Miami n'est pas en train de décrire une menace virtuelle, mais les assauts quotidiens et réels des hordes de volontaires démocrates et républicains qui courtisent son suffrage. Un vote précieux : un vote de Floride, Etat décisif dans la course à la présidence.
A quelques jours des élections, les candidats Barack Obama et Mitt Romney sont pratiquement à égalité dans les sondages. Nul ne peut prédire qui remportera le plus rentable des swing states (les Etats indécis). Ici, des montagnes de dollars ont été déversées par les deux camps pour faire la différence. La population a été harcelée électoralement. «Ils reviennent toujours, ils insistent pour planter leurs pancartes sur ma pelouse. Ils m'ont proposé jusqu'à 100 dollars [78 euros] en échange», témoigne Stephanie.
«Ta gueule !» «C'est la campagne la plus sale que j'ai vue», soupire Sergio Bustos, qui dirige la rubrique politique du Miami Herald, le grand quotidien local. Il attribue cela au fait que l'élection ne se focalise pas sur les problèmes du pays, mais sur la personnalité des candidats : la question est de savoir lequel des deux inspire le plus confiance. Un phénomène accentué en Floride, où les partis et leurs organisations parallèles ont financé un intense matraquage publi




